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  • L’ÉTÉ VAUT RIEN (parodie)

    Posté le: 29 octobre 2009

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    Peinture Whiteker

    L’ÉTÉ VAUT RIEN

    Parodie de l’Eté Indien
    Joe Dassin

    Tu sais, je n’ai jamais été aussi malheureux que ce matin-là
    Nous marchions dans cette décharge un peu comme ici,
    C’était atroce, un automne où il faisait mauvais,
    Une saison qui n’existe que dans le Nord de la Malchance
    Là-bas on l’appelle l’été vaut rien
    Mais c’était tout simplement le nôtre.
    Avec ta robe longue tu ressemblais
    A une bohémienne de chez Pierre Cradingue
    Et je me souviens, je me souviens très bien
    De ce que tu sentais ce matin-là
    La crevette, le hareng, une vraie calamité.

    Pars de là où tu voudras, ne reviens pas
    Surtout ne dis pas encore, que tu aimes trop le roquefort
    Toute ma vie sera pareille à ce parfum
    Aux senteurs de l’été vaut rien

    Aujourd’hui je suis très loin de nos matins glauques
    Mais c’est comme si j’y étais. Je ne pense qu’à ça.
    Où es-tu? Que fais-tu? Sentiras-tu vraiment bon une fois ?
    Je regarde ce tube de dentifrice qui n’atteindra jamais tes gencives
    Tu vois, comme lui tu restes sur le carreau en arrière
    Comme lui tu sers à rien, bonne à jeter comme une poubelle de table
    Et je me souviens, je me souviens de tes dents jaunes
    De ta bouche qui m’offrait son malheur aux relents de camembert
    Et ça m’a gavé, un siècle, pendant un an

    Pars de là où tu voudras, ne reviens pas
    Surtout ne dis pas encore, que tu aimes trop le roquefort
    Toute ma vie sera pareille à ce parfum
    Aux senteurs de l’été vaut rien.

    Tit’can I

    categorie: Mes parodiescommentaire: 2 Commentaires Edition: Imprimer Imprimer Mel Mel

    PLAISIRS DE VIE (citation)

    Posté le: 29 octobre 2009

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    Pin’ up  Elvgren

    Il y a trois choses dans la vie que je ne supporte pas : le café brûlant, le champagne tiède et les femmes froides

    Orson Welles

    categorie: Citationscommentaire: 2 Commentaires Edition: Imprimer Imprimer Mel Mel

    CELTIQUE (poème)

    Posté le: 29 octobre 2009

    tempete-finistere-autour-du-nividic2 phare du Nividic au large d’Ouessant

    CELTIQUE

    Je suis née de menhir en terre granitique,
    D’effluves de coco des taillis jaunes d’ajonc,
    Où les vagues bouillonnent dans les criques celtiques,
    Où les pêcheurs s’inquiètent du large sur les pontons.

    Je suis née de ces phares qui fidèles s’allument,
    Balisant les bateaux occis par les tempêtes,
    Dans le vacarme lourd où la corne de brume,
    Se fait sourde et se meurt au loin comme une bête.

    Je suis née de casiers, de filets, et de boettes,
    Qui luisent des écailles de poissons et de sang,
    Où trépanent au vent les entrailles que l’on jette,
    Au loin par dessus bord sous les cris des goélands.

    Je suis née du goémon goutant d’une charrue
    Qu’un lourd cheval de trait mènera d’un pas sûr
    Trésors abandonnés par les marées en crues
    Noircissant le terroir de son or sec et pur.

    Je suis née de l’averse, des bruines et du crachin,
    Qui emprunt de mystères les villes embrumées,
    Où se perdent les pas dans les rues des marins,
    Vers les soirées d’escales qui s’en vont en bordées.

    Tit’can I

    categorie: Mes poèmescommentaire: 2 Commentaires Edition: Imprimer Imprimer Mel Mel

    CHER AMOUR (beaux textes)

    Posté le: 25 octobre 2009

    bresson-cartier-jambe-de-femme

    Photo Bresson Cartier

    CHER AMOUR

    Je suis en arrêt de jeu, sur le dos, paupières closes. Je sais que vos mains, fines, élégantes, déliées, sont une harmonie, une musique pour saisir mes lettres, les déplier et les tenir comme la plus précieuse découverte de notre vie. Cette main qui repousse une mèche de cheveux reste suspendue pendant que vous lisez, attentive, les mots sacrés de ce voyageur infatigable qui a fini par s’arrêter dans votre jardin. Je vous aime depuis si longtemps, depuis avant le début.
    Ces lettres qui ne pourraient jamais finir sont celles de mes mou­vements géographiques et de mes voyages immobiles sur la scène. Mais probablement y verrez-vous un autre voyage plus complexe, plus hardi, plus désespéré. Voyager, dit-on, on n’en revient jamais.
    Le prendrez-vous ce temps de me lire pour me prolonger un peu en vous ?

    Bernard Giraudeau

    Extrait de cher amour

    Editions Metalié

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    Je t’aime (poésie)

    Posté le: 23 octobre 2009

    couple-noir-et-blanc

    JE T’AIME

    Je t’aime pour toutes les femmes
    Que je n’ai pas connues
    Je t’aime pour tout le temps
    Où je n’ai pas vécu
    Pour l’odeur du grand large
    Et l’odeur du pain chaud
    Pour la neige qui fond
    Pour les premières fleurs
    Pour les animaux purs
    Que l’homme n’effraie pas
    Je t’aime pour aimer
    Je t’aime pour toutes les femmes
    Que je n’aime pas

    Qui me reflète sinon toi-même
    Je me vois si peu
    Sans toi je ne vois rien
    Qu’une étendue déserte
    Entre autrefois et aujourd’hui
    Il y a eu toutes ces morts
    Que j’ai franchies
    Sur de la paille
    Je n’ai pas pu percer
    Le mur de mon miroir
    Il m’a fallu apprendre
    Mot par mot la vie
    Comme on oublie

    Je t’aime pour ta sagesse
    Qui n’est pas la mienne
    Pour la santé je t’aime
    Contre tout ce qui n’est qu’illusion
    Pour ce cœur immortel
    Que je ne détiens pas
    Que tu crois être le doute
    Et tu n’es que raison
    Tu es le grand soleil
    Qui me monte à la tête
    Quand je suis sûr de moi
    Quand je suis sûr de moi

    Tu es le grand soleil
    Qui me monte à la tête
    Quand je suis sûr de moi
    Quand je suis sûr de moi

    Paul Eluard

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