LA VIEILLE DAME (poème)
Posté le: 28 septembre 2009
LA VIEILLE DAME
Je la nommais ma vieille, ma maison, cette dame,
Aux paupières bleutées, aux volets écaillés,
Comme la poudre aux yeux des filles de macadam,
Le rimmel fané de s’être trop donnée.
Elle avait pris la pluie, et tellement de soleil,
Laissant entrer le vent, et les parfums d’étés,
Dans sa robe trouée en pierre de dentelle,
Se mariant charmeuse aux étendues de blés.
Elle se cachait là bas près du petit chemin,
En se parant parfois d’un boa de glycine,
Je l’aimais si touchante ainsi dans son écrin,
Fidèle à mon retour telle une tendre copine.
Pendant les soirs d’orage parfois elle pleurait,
De douces mélodies comme un chant de vacances,
Dans des bassines en zinc, ses larmes chantonnaient,
Gammes des souvenirs de ma plus tendre enfance.
Elle m’offrait son parfum de bois de cheminée;
Qui avait fait mourir tant de ceps de vignes,
Dans la grande cuisine doucement imprégnée,
De la suie des coteaux parcourant ses collines.
J’entends encore craquer les marches d’escalier,
Parfois le cri d’un coq est là qui l’accompagne,
Comme porté dans ses bras m’amenant au grenier,
Hissé au fenestron s’ouvrant sur la campagne.
Alors je respirais son âme de vieille fille,
M’appuyant à ses poutres tordues par son bel âge,
J’apercevais plus bas un drapé de jonquilles,
S’étalant autour d’elle égayant son visage.
Tit’can I
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Mel


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