SOUFFRANCE (poème)

Photo Eugène Atget -Passy passage des eaux mars 1901

 

SOUFFRANCE


J’en appelle à votre clémence

Et vous demande votre indulgence

Car je subis toutes les outrances

Dans la plus grande indifférence.

 

Je n’ai plus guère de véhémences

Devenue groggy d’abstinence

Je croule sous les incompétences

Et je ne fais plus concurrence.

 

J’aimerai une prise de conscience

Qu’on cesse enfin les négligences

Dans mon dos trop de connivence

Me mène à toutes les déshérences.

 

Je meurs sous la concupiscence

Des financiers en appétence

Le CAC 40 en décadence

Me condamne de ses appâts rances.

 

Dans cette trop grande déliquescence

Je faiblis sous les indigences

Qui m’ atteignent d’une rare violence

Et laisse en moi de graves carences.

 

J’ai trop subit de réticences

De tromperie, de malfaisances

Ayez au moins quelques décences

Gardez pour vous vos remontrances.

 

Mes successives présidences

Aux criminelles incompétences

N’ont pensées qu’à remplir leur panse

Je la paie chère leur arrogance.

 

Je n’ai plus guère d’effervescence

Perdue par trop de divergences

Trop de problèmes, trop d’inconstances

Ma vie est lourde de conséquences.

 

On me reproche ma corpulence

Ma santé devient une urgence

On me met en convalescence

Plaie ouverte de trop d’ingérence.

 

Avais-je donc tant d’insouciance

De prospérer dans la confiance

L’emploi en dégénérescence

Ruine chaque jour mon existence.

 

Où sont donc mes belles espérances

Ma vie heureuse, mes bienveillances

J’ai tant su faire preuve d’excellence

Me donnant une belle opulence.

 

Regarder ma circonférence

Je ne mérite cette déchéance

Comment retrouver ma jouvence

Mon pain béni sans mes créances.

 

Qu’on m’offre à nouveau la confiance

Je montrerai mes compétences

Afin que change les circonstances

Si on me laisse encore ma chance.

 

Je vais vous faire une confidence

Je peux mourir de ces errances

Aussi abrégez ma souffrance

Je suis celle que l’on appelle

FRANCE

Tit’can I

Ce contenu a été publié dans Mes poèmes. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

2 réponses à SOUFFRANCE (poème)

  1. loustic dit :

    chapeau !!
    on dirait du Grand Corps Malade !!
    mais cest du tit can bien sûr !!

    beau travail sur le langage ;en plus,
    le texte est pertinent !
    bel exercice de style

    bravo pour ton esprit, canaille !

    Le K

  2. admin dit :

    A nouveau merci pour la gentillesse de vos commentaires toujours si sympa Kristof

    J’espère à très bientôt

    Tit’can I

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *