BOBIN BOUBAT

Photo de Rémi le petit fils d’Edouard Boubat 1995

Donne moi quelque chose qui ne meure pas

Edouard Boubat, le photographe, et Christian Bobin, l’écrivain, réunis, au moins le temps d’un ouvrage

« Boubat et moi avons un point commun : il a fait plusieurs fois le tour de la terre et je ne suis jamais sorti de ma chambre. Or nous avons vu les mêmes choses et les mêmes gens. Lorsque je regarde ses images, j’ai l’impression de recevoir enfin de mes nouvelles, de bonnes nouvelles reçues de l’étranger. Je peux passer un long temps devant chaque image. Je n’ai pas si souvent l’occasion de me rencontrer. »

« Boubat ne « prend » pas ses photographies, il les reçoit. Il les accueille. Quant à connaître précisément ce qui est ainsi accueilli, c’est impossible. Le savoir que nous avons d’une chose enferme cette chose sur nous-mêmes. Dans l’accueil, c’est le mouvement inverse : nous sommes ouverts à l’autre et, pour tout dire, nous sommes un peu perdus. Boubat ne connaît pas tout ce qu’il voit, pas plus que je ne comprends tout ce que j’écris. Le meilleur de nous arrive toujours à notre insu. »

« Le pianiste Glenn Gould rêvait de parvenir un jour à jouer du piano sans piano. Ce n’était pas une plaisanterie. Ou bien c’était une plaisanterie très grave et profonde : il y a chez tout artiste ce désir d’une transparence absolue. Qu’il n’y ait plus, entre soi et ce que l’on contemple l’épaisseur d’une technique, et cette lourdeur que l’on est toujours à soi-même. Vous jouez du piano sans piano, cher Boubat. C’est même étrangement à cela que je reconnais votre signature : c’est parce que vous n’encombrez pas vos images de vous-même que je vous y retrouve à chaque fois. »

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