Krishnamurti

Extraits des pensées  de Jiddu Krishnamurti

« La Vérité est un pays sans chemins, que l’on ne peut atteindre par aucune route, quelle qu’elle soit : aucune religion, aucune secte. Tel est mon point de vue: et je le maintiens d’une façon absolue et inconditionnelle. La Vérité, étant illimitée, inconditionnée, inapprochable par quelque sentier que ce soit, ne peut pas être organisée. On ne devrait donc pas créer d’organisations qui incitent les hommes à suivre un chemin particulier. Si vous comprenez bien cela dès le début, vous verrez à quel point il est impossible d’organiser une croyance. Une croyance est une question purement individuelle, et vous ne pouvez ni ne devez l’organiser. Si on le fait, elle devient une religion, une secte, une chose cristallisée, morte, que l’on impose à d’autres. C’est ce que tout le monde essaie de faire. La Vérité est ainsi rétrécie et transformée en un jouet pour ceux qui sont faibles, pour ceux dont le mécontentement n’est que momentané. »

(Jiddu Krishnamurti / 1895-1986 / 1929)

« La religion, ce n’est pas la croyance, le dogme, les rituels ou même les prières ou obéir aveuglément à un principe, un concept, un symbole ou bien sûr à un autre être humain. »

(Jiddu Krishnamurti / 1895-1986 / Bulletin du Krishnamurti Foundation Trust Ltd / 1981)

« Vous divisez la vie en ce qui est sacré et ce qui ne l’est pas, en ce qui est immoral et ce qui est moral. Cette division engendre des malheurs et de la violence. Tout est sacré ou rien n’est sacré. »
(Jiddu Krishnamurti / 1895-1986 / La Révolution du silence)

« La croyance n’est qu’un mot, une pensée, c’est une chose absolument destructrice. Celle-ci divise les gens, les endurcit, les pousse à se haïr réciproquement, à cultiver la guerre d’une façon détournée. »
(Jiddu Krishnamurti / 1895-1986)

« L’acceptation d’une croyance n’est-elle pas un couvercle mis sur cette peur, sur cette peur de n’être rien du tout, d’être vide ? Et pourtant un récipient n’est utilisable que lorsqu’il est vide et un esprit qui est rempli de croyances, de dogmes, d’affirmations, de citations est en vérité un esprit stérile, une machine à répétition. »
(Jiddu Krishnamurti / 1895-1986 / La première et la dernière liberté / 1964)

« Si nous voulons changer les conditions existantes, nous devons d’abord nous transformer nous-mêmes, c’est-à-dire devenir conscients de nos actions, de nos pensées, de nos sentiments dans notre vie quotidienne. »

« La vérité naît lorsqu’il y a cessation complète de la pensée; et la pensée ne disparaît que lorsque le moi est absent. »
(Jiddu Krishnamurti / 1895-1986 / De l’Education / 1967)

« La méditation consiste à être conscient de chaque pensée, de chaque sentiment; à ne jamais les juger en bien ou en mal, mais à les observer et à se mouvoir avec eux. En cet état d’observation, on commence à comprendre tout le mouvement du penser et du sentir. De cette lucidité naît le silence. »
(Jiddu Krishnamurti / 1895-1986 / Se libérer du connu / 1977)

« Écartons les croyances, la foi, les dogmes, les rituels, les prières et toutes les activités de ce genre. On doit être totalement libre de ces choses pour avoir une perception claire et objective. Une perception subjective est généralement trompeuse. Toute conception même rationnelle, objective ou basée sur une expérience est verbale et on doit s’en méfier. Toute forme d’expérience est subjectivement conditionnée et par conséquent limitée et personnelle. Un idéal est une projection de la pensée, qui fuit la réalité.

(Jiddu Krishnamurti / 1895-1986 / Bulletin du Krishnamurti Foundation Trust Ltd / 1981)

« Ne laissez pas les mots penser à votre place. Ayez une parole habitée. »

« Range le livre, la description, la tradition, l’autorité, et prend la route pour découvrir toi-même. »

(Jiddu Krishnamurti / 1895-1986)

Jiddu Krishnamurti (1895 – 1986)

Philosophe indien ayant dépassé toute appartenance religieuse, culturelle et nationale, Krishnamurti est considéré comme l’un des plus grands maîtres contemporains. Son message, aussi limpide que percutant, a fait de lui le pilier intellectuel, spirituel et existentiel de milliers de personnes.

Huitième enfant d’une famille Bramine, fragile et peu enclin aux études, Krishnamurti a très tôt le sens de l’observation et de la charité. A l’âge de 10 ans, alors qu’il vient de perdre sa mère, un éminent représentant de la Société Théosophique reconnaît en lui le Grand Instructeur du Monde attendu par le mouvement. Et, à 16 ans, Krishnamurti est à la tête de l’Ordre international de l’Etoile d’Orient.
Mais quelques années plus tard, une crise spirituelle et physique le conduit à une expérience d’extase bientôt suivie d’une période de désespoir extrême déclenché par la mort de son frère Nitya. Krishnamurti traverse alors cette fameuse “nuit noire” où l’âme se retrouve sans repères : instant béni où, dans un ultime abandon, libérée de l’ego, elle découvre son altérité au sein d’« un grand amour permanent impérissable, invincible ». « Laissez fleurir votre souffrance » dira alors Krishnamurti, conscient que la libération spirituelle ne peut que résulter d’une dynamique intérieure de “non-agir” qui consiste à vivre l’instant présent sans résister, sans fuir, sans “vouloir être”. Réalisant désormais l’inutilité d’une autorité spirituelle ou morale dans la recherche de la vérité, il décrète en 1929 la dissolution de son Ordre qui compte alors plus de 40 000 membres.
De conférences en entretiens, il va parcourir le monde jusqu’à l’âge de 91 ans, désireux de rendre l’Homme libre de cette peur qui le pousse à se cacher derrière des modèles, des systèmes ou des conditionnements, libre de toutes ces “cages” que sont les croyances, les pratiques, les gourous et les mentalisations, libre de la multitude d’emprises qui le limitent et étouffent l’amour qui est en lui. Et de préciser que cette libération s’accomplit d’elle-même dès lors que nous observons quotidiennement nos conditionnements sans la moindre pensée laissant ainsi l’amour nous guérir et nous guider. Car « seul l’amour est une façon juste de penser », dit-il, seul l’amour nous permet de construire un monde plus uni par la reconnaissance de l’action juste et de la relation intelligente.
C’est tout un art de vivre auquel nous convie Krishnamurti : art de voir et d’écouter avec tout son cœur, art d’interagir avec autrui au-delà de toutes ces interférences qui nous empêchent d’être ce que nous sommes et d’agir en conséquence.

Amis, ne soyez pas concernés par qui je suis; vous ne le saurez jamais. Je ne veux pas que vous acceptiez tout ce que je dis. Je ne veux rien d’aucun de vous; je ne désire pas la popularité; je ne veux pas votre flatterie, votre suivi. Parce que je suis en amour avec la vie, je ne veux rien. Ces questions ne sont pas d’une très grande importance; ce qui est d’importance est le fait que vous obéissez et permettez à votre jugement d’être perverti par l’autorité. Votre jugement, votre esprit, votre affection, votre vie sont pervertis par des choses qui n’ont aucune valeur, et dedans se trouve la peine.

J. Krishnamurti
Early Talks, 1930

« Si vous voulez aider quelqu’un à changer, disait-il, soyez comme le soleil. Donnez-lui la compassion, l’amour, l’intelligence et rien d’autre»

Krishnamurti était un soleil. Par sa présence rayonnante, sa sérénité, son regard, sa parole, ses silences, il offrait son énergie. Sans jamais préparer ses conférences, il se donnait sans filet, dans l’instant présent, exhortant chacun à créer à partir du vide, ce vide rempli d’amour…

Laisser l’amour nous envahir à chaque instant est le plus bel hommage que nous puissions rendre à Jiddhu Krishnamurti.

Pascale

Extrait de fraternet.com

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4 réponses à Krishnamurti

  1. Locquet stéphanie dit :

    Pourquoi krishbamurti dit-il qu’on ne saura jamais qui il est ? Les ames ne sont-elles pas toutes unies dans l’Amour? Si on trouve la paix dans l’Amour, on est tous unis? Ne le sommes nous déjà pas? Pourquoi l’évolution?

  2. admin dit :

    Vaste débat Stéphanie

    Dans votre questionnement je suppose que vous faites allusion à cette phrase :
    Amis, ne soyez pas concernés par qui je suis; vous ne le saurez jamais.
    Soit il ne souhaitait pas révéler totalement son moi profond pour se préserver, soit il n’a jamais su lui même qui il était véritablement même s’il semblait avoir abouti très profondément à connaître ses états d’âme
    Pour vos autres questionnements, il y a les idéaux et la réalité quotidienne, il faut savoir faire la part des choses entre tout ça, il ne faut pas oublier que beaucoup de gens ne baignent pas dans le bonheur et l’allégresse partout dans le monde, et en particulier en inde où Jiddu Krishnamurti s’adressait à un peuple très miséreux et foncièrement attaché à la spiritualité dont il leur demandait de se détacher pour trouver leur propre voix intérieure vers le bonheur

    Merci pour vos propos auxquels j’ai essayée de répondre au mieux

    Tit’can I

  3. tournesol dit :

    « Amis, ne soyez pas concernés par qui je suis; vous ne le saurez jamais. »

    ha qu’il est difficile d’être maître et enseigner sans en épouser l’aura, l’image paternaliste et idyllique qui va avec. mon idée est que se connaissant lui-même avec ses forces et ses faiblesses il ne pouvait d’une par présenter une image réelle et entière de lui pour ne pas détourner ou prêter le flan aux détracteurs de ses pensées et d’autre par ne pas faire figure d’un chef parceque justement son enseignement était que chacun devait se rendre autonome dans sa conscience .Il se voulait peut être porteur d’une forte sagesse mais pas être adulé comme tout groupe qui cherche son leader lui faisant porté du coup la peine et l’effort….il devait bien connaitre l’homme ,ses liens ,ses mécanismes ,ses inter relations ..un grand sociologue en somme

    pensées amicales

  4. admin dit :

    Merci Tournesol pour ce complément intéressant

    Amitiés

    Tit’can I

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