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  • juil 01 2009

    AMOUR FRAGILE (poème loufoque)

    pin-up-banc-parapluie

    Pin up Elvgren


    AMOUR FRAGILE


    Je te suivais dans la couture

    Tu étais fin, tellement brillant,

    Avec toi c’était l’aventure,

    Je prenais mon pied si souvent.

    Ta taille était si bien marquée

    Elle te donnait de l’élégance,

    Ta peau de soie toujours bronzée

    Avait pour moi tant d’attirance.

    Mais un beau jour tu as filé

    Comme les autres exaspérants,

    T’étais d’une telle fragilité

    Me laissant choir sur un banc.

    Ce fut la fin de notre histoire

    Je suis partie sous les tropiques,

    Où hauts et bas sont dérisoires

    Nylon ni court ni élastiques.

    J’ai épousé le beau soleil

    Fidèle à mes jambes toute l’année,

    Et j’ai jeté à la corbeille

    Tous mes vieux collants usagés.

    Tit’can I

    categorie: Mes poèmescommentaire: 2 Commentaires Edition: Imprimer Imprimer Mel Mel
    juin 30 2009

    LA SOLITUDE (beaux textes)

    montagne-et-coquelicots-st-jean-de-maurienne

    LA SOLITUDE

    Il n’y a pas la moindre sagesse dans ma vie. Pas non plus de folie. Je ne sais pas au juste ce qu’il y a dans ma vie. La vie peut-être, simplement. Et la solitude, sagesse et folie confondues. La solitude occupe ma maison à un point incroyable de sans gêne. Elle ne laisse rien en dehors d’elle, sauf la page blanche. C’est lorsque j’écris que je suis le moins seul. La solitude, quand elle monte dans un couple, est terrible, malfaisante. Quand elle entre chez moi elle est - comment dire : détendue. Elle a ses habitudes, sa place faite. La solitude est une maladie dont on ne guérit qu’à condition de la laisser prendre ses aises et de ne surtout pas en chercher le remède, nulle part. J’ai toujours craint ceux qui ne supportent pas d’être seuls et demandent au couple, au travail, à l’amitié voire, même au diable ce que ni le couple, ni le travail, ni l’amitié ni le diable ne peuvent donner : une protection contre soi-même, une assurance de ne jamais avoir affaire à la vérité solitaire de sa propre vie. Ces gens-là sont infréquentables. Leur incapacité d’être seuls fait d’eux les personnes les plus seules au monde.

    Christian Bobin

    extrait de  L’épuisement

    categorie: Beaux textescommentaire: pas de Commentaire Edition: Imprimer Imprimer Mel Mel
    juin 30 2009

    MES ANNEES D’ECOLE (poème)

    pupitre-decolier

    MES ANNÉES D’ÉCOLE

    Si j’ai appris à écrire
    C’est que j’ai souvent
    Lu dans les feuilles de chêne
    Et les plumes de paon

    Si je sais parler aux belles
    C’est que je sais bien
    Comment font les tourterelles
    Et les chauds lapins

    Dans le trou de ma guitare
    Y’a comme un perdreau
    Dans le fond de mes sabots
    Y’a comme un renard

    Mais de mes années d’école
    Je n’ai rien gardé
    Ce n’étaient que des paroles
    Pour gâcher l’été
    J’ai appris à ma manière
    Que la liberté
    C’est d’cracher dans la rivière
    Ou dans le sentier

    Se peut que j’aie fait mes classes
    Sur un églantier
    Que j’oublie ou que je ne sache
    Pas très bien compter

    Mais je sais tendre l’oreille
    Et je sais rêver
    Comme rêvent les corneilles
    Et les peupliers

    Si je sais plier bagage
    Quand il en est temps
    C’est qu’avec les oies sauvages
    J’ai frayé longtemps

    Mais de mes années d’école
    Je n’ai rien gardé
    Ce n’étaient que des paroles
    Pour gâcher l’été
    J’ai appris à ma manière
    Que la liberté
    C’est d’cracher dans la rivière
    Ou dans le sentier

    Si je chante bleu et rose
    C’est que j’ai appris
    D’un rossignol pas morose
    Qu’était mon ami

    Si je sais lécher en outre
    Je sais mordre aussi
    Je l’ai appris d’une loutre
    Et d’un saumon gris

    Dans le trou de ma guitare
    Y’a comme un agneau
    Dans le fond de mes sabots
    Y’a comme un renard

    Mais de mes années d’école
    Je n’ai rien gardé
    Ce n’étaient que des paroles
    Pour gâcher l’été
    J’ai appris à ma manière
    Que la liberté
    C’est d’cracher dans la rivière
    Ou dans le sentier

    Quand j’aurai tenu parole
    Et bien gagné ma vie
    Quand j’aurai mis ma pauvre école
    À pauvre profit

    J’apprendrai d’un solitaire
    À vivre caché
    Et d’un quinquagénaire
    À me taire

    Jean-Pierre Ferland

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    juin 22 2009

    UNE AUTRE VERITE (beaux textes)

    julie-et-flo

    UNE AUTRE VÉRITÉ

    La raison est la forme la plus puissante de la pensée. Il n’est pas tout à fait sûr que chacun d’entre nous, au moment de quitter le grand roman du tout et de s’en aller vers d’autres rivages dont personne ne sait rien, ou vers pas de rivages du tout, consacre ses dernières pensées aux splendeurs de la raison. Il me semble que l’amour, la justice, le grand mystère du tout, une autre forme de vérité nous occuperont davantage. La géométrie, la mathématique, la mécanique des fluides, les fascinations de l’astrophysique, les découvertes de la préhistoire, si riches et si excitantes, nous seront, avouons-le, assez indifférentes. Presque aussi indifférentes que la Bourse ou les jardins ou les courses de chevaux ou l’archéologie sous-marine, ou l’édition ou les beaux-arts qui nous auront tant occupés du temps de notre vie. Ce que nous voudrons savoir, c’est autre chose. C’est une autre vérité.

    Jean d’Ormesson

    Extrait de   Presque rien sur presque tout

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    juin 10 2009

    CHARNEL (citation)

    marilyn-monroe-noir-et-blanc

    Celui qui est charnel l’est jusque dans les choses de l’esprit ; celui qui est spirituel l’est jusque dans les choses de la chair.

    St Augustin

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