DESIR citation de Saint-Exupéry

 

Photo Louis Bourdon

Vieux gréement en Baie de Douarnenez

« Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose… Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes le désir de la mer. »

Antoine de Saint-Exupéry

 

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L’ECHO DE LA TERRE

J’avais aperçu cette lueur douce provenant d’une faille dans la toiture, un rai de lumière de fin d’après-midi offrant ce moment béni qui fait que tout rougeoie autour de soi, cette heure dorée du photographe où, comme des sanguines naturelles, les éléments qui vous entourent deviennent tableau de maître, enluminant toute forme, et amenant cette singulière atmosphère propice aux confidences des amoureux.

Je marchais depuis un bon moment déjà, lorsque j’arrivais face à cette grosse bâtisse, deux chats se prélassaient à côté de la porte d’entrée. Le poil rôti, le flanc apaisé, ils s’étalaient à même le ciment chaud entourant la façade. Ils ne bougèrent pas même une oreille à mon approche, et donnaient à l’ensemble, cette impression de plénitude des fins d’étés, ces quelques heures où toutes les machines ont cessées de ronronner et tournoyer dans les champs, où les chemins se sont calmés des va et vient motorisés, et laissent l’ensemble des bâtiments vidés de toute activité.

Après avoir lancé quelques appels sans réponses, je m’approchais de la grange ouverte, la diagonale lumineuse s’échappant d’une ouverture lui donnait une atmosphère de chapelle, les odeurs d’encens remplacées par l’odeur forte de la paille en botte, ce parfum caractéristique, un mélange musqué de décomposition végétale, de terre battue, de poussière de tuile, mêlés aux urines de rongeurs et de chats. Cet ensemble olfactif complexe mais toujours reconnaissable qui vous fait dire les yeux fermés que vous êtes bien dans une grange à la campagne.

Les miaulements d’une portée de chatons attirèrent mon regard, deux petits museaux roses et des silhouettes tremblotantes sur leurs jeunes pattes, me firent penser qu’ils étaient nés de peu, la mère proche semblait sans méfiance, ou trop apathique pour contrer mon approche. L’ensemble formait un tableau fragile et superbe, leurs couinements venaient agrémenter cette plénitude qui m’entourait tout à coup dans ce halo doucereux. Juste au dessus d’eux, quelques outils accrochés par d’énormes clous de charpentiers s’alignaient sur les poutres, la plupart recouverts de vieilles toiles d’araignées indiquant qu’il s’agissait de toute évidence d’outils anciens, et aux vues de leurs manches déformés, ils avaient dû connaître nombre de poignes fermes et de sueurs d’hommes. Par cette usure naturelle, les vieux bois de cette armée de fourches, pioches, scies, cisailles rouillées avaient acquis une âme, et je restais admiratif à regarder ces empreintes manuelles, avec ce respect que l’on doit à ceux qui ont dû œuvrer avec ou contre la nature. Un vieux tracteur, lui aussi à l’abandon, semblait prendre une retraite paisible après avoir, sans aucun doute, connu les nombreux soubresauts de cette terre toute proche dont il ne verrait plus jamais le moindre sillon. Une partie de son assise avait été rongée par quelques rats affamés, et servait de promontoire aux poules y laissant les nombreuses traces de leurs déjections. Tout près, un empilement de cagettes en bois plein, aussi lourdes que les contenus qu’elles avaient dû transporter, m’amenaient à penser à ces lourdeurs de travail qu’avaient connu des hommes dans cette période de labeurs éprouvants, où leurs bras venaient toquer aux portes pour s’offrir le temps des récoltes, trouvant facilement preneur avec gîte et couvert, pour quelques semaines, quelques mois.

Je ne pris pas tout de suite les photos que je souhaitais, je préférais goûter l’instant et m’imprégner de ces images nobles, de ces flashes d’hommes s’essuyant les lèvres d’un revers de manche replié jusqu’au coude après une longue gorgée au goulot, ou sortant un mouchoir à carreaux d’une poche en grosse toile pour le passer rapidement sur un front dégoulinant, découvrant des aisselles auréolées, avant de reprendre de plus bel le geste sûr et accompli.

Ces images fortes, de toute évidence embellies par mon imagination, en contradiction des réalités physiques difficiles, me transportaient vers cette errance nostalgique dont les vestiges agricoles prenaient à mes yeux, toutes leurs lettres de noblesse.

Car au travers de ces marques attestant un travail harassant, d’efforts exténuant, usant aussi, mais authentiques et sains, et néanmoins valorisant dans l’abondance des plus belles récoltes, j’imaginais ces hommes qui avaient encore des valeurs fortes, la valeur de leur volonté et de leur courage, la valeur de pétrir et de façonner la terre, la valeur de tirer le meilleur du végétal ou de l’animal.

Je mis quelques minutes à me détacher de cette pensée avant de faire quelques clichés de cette magnifique grange, et des outils rendus superbes par leurs déformation, écho d’une époque révolue, écho des anciens, écho de toute une vie de travail dans une ferme.

Tit’can I

 

 
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PETITS ET GRANDS BONHEURS poème

PETITS ET GRANDS BONHEURS

 Lisez et relisez les poètes d’antan,

Ceux qui ont le secret sensible des instants,

Voyez ce que vieillesse garde des souvenirs,

Ont-ils tenus promesses, de joies, de déplaisirs ?

Le bonheur ici-bas tient à si peu de choses,

Au formidable amour, aux pétales de roses,

Qu’un jour une jeune fille aura su préserver,

Dans un foulard de soie tendrement replié.

Le bonheur est ainsi, couleurs d’agapanthes,

De bourdonnements d’été, de rires qui enchantent,

Il est dans ce jardin où ce chien vous léchouille,

Où dans ces vagues fraîches, qui brusquement vous mouillent.

Sous des flocons de neige, où dans un simple champ,

Le bonheur est partout, même où on ne l’attend !

Il est sur ce chemin dans ce pays aride,

Où l’indigent propose son toit qui vous abrite,

Et offre à l’âme triste, le mot qui reconstruit,

Permettant d’éloigner le chagrin qui lui nuit.

C’est pour la mère émue par son tout premier né,

Dont elle savoure des lèvres le plus doux des duvets,

Ou pour tous ces malades, quitter enfin la chambre,

Respirer les balades de quelques baies ou landes.

Il sait se faire modeste et sublime à la fois,

Pour ce tailleur de pierre chantant des opéras,

Ou par de jolis mots, sur un bout de papier,

Se pose en cadeau sur un coin d’oreiller.

Le bonheur est partout en plaisirs vulnérables,

Dans un geste, un ton doux, un bon sourire affable,

Il reste cette quête, ce bien être, ce saint Graal,

Qui fige dans nos cœurs un instant idéal.

C’est un temps ralenti pour aider et comprendre,

Pardonner, reconstruire, aussi ne rien attendre.

Voilà comme les bonheurs sont beaux de mille choses,

Qu’ils soient grands ou petits de peu ils se composent,

C’est eux qu’il faut chérir, c’est eux qu’il faut savoir,

A eux la haie d’honneur, la tenue des grands soirs,

Car cette essence de vie aux beaux jours prédispose,

De ces bonheurs en tout faisons nos loverdoses.

Tit’can I

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SE FAIRE UN NOM La Bruyère

 

Il n’est pas si aisé de se faire un nom par un ouvrage parfait, que d’en faire valoir un médiocre par le nom qu’on s’est déjà acquis.

La Bruyère

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Où est donc le bonheur ? Victor Hugo

Où est donc le bonheur ?

Où donc est le bonheur ? disais-je. – Infortuné !
Le bonheur, ô mon Dieu, vous me l’avez donné.

Naître, et ne pas savoir que l’enfance éphémère,
Ruisseau de lait qui fuit sans une goutte amère,
Est l’âge du bonheur, et le plus beau moment
Que l’homme, ombre qui passe, ait sous le firmament !

Plus tard, aimer, – garder dans son coeur de jeune homme
Un nom mystérieux que jamais on ne nomme,
Glisser un mot furtif dans une tendre main,
Aspirer aux douceurs d’un ineffable hymen,
Envier l’eau qui fuit, le nuage qui vole,
Sentir son coeur se fondre au son d’une parole,
Connaître un pas qu’on aime et que jaloux on suit,
Rêver le jour, brûler et se tordre la nuit,
Pleurer surtout cet âge où sommeillent les âmes,
Toujours souffrir ; parmi tous les regards de femmes,
Tous les buissons d’avril, les feux du ciel vermeil,
Ne chercher qu’un regard, qu’une fleur, qu’un soleil !

Puis effeuiller en hâte et d’une main jalouse
Les boutons d’orangers sur le front de l’épouse ;
Tout sentir, être heureux, et pourtant, insensé
Se tourner presque en pleurs vers le malheur passé ;
Voir aux feux de midi, sans espoir qu’il renaisse,
Se faner son printemps, son matin, sa jeunesse,
Perdre l’illusion, l’espérance, et sentir
Qu’on vieillit au fardeau croissant du repentir,
Effacer de son front des taches et des rides ;
S’éprendre d’art, de vers, de voyages arides,
De cieux lointains, de mers où s’égarent nos pas ;
Redemander cet âge où l’on ne dormait pas ;
Se dire qu’on était bien malheureux, bien triste,
Bien fou, que maintenant on respire, on existe,
Et, plus vieux de dix ans, s’enfermer tout un jour
Pour relire avec pleurs quelques lettres d’amour !

Vieillir enfin, vieillir ! comme des fleurs fanées
Voir blanchir nos cheveux et tomber nos années,
Rappeler notre enfance et nos beaux jours flétris,
Boire le reste amer de ces parfums aigris,
Être sage, et railler l’amant et le poète,
Et, lorsque nous touchons à la tombe muette,
Suivre en les rappelant d’un oeil mouillé de pleurs
Nos enfants qui déjà sont tournés vers les leurs !

Ainsi l’homme, ô mon Dieu ! marche toujours plus sombre
Du berceau qui rayonne au sépulcre plein d’ombre.
C’est donc avoir vécu ! c’est donc avoir été !
Dans la joie et l’amour et la félicité
C’est avoir eu sa part ! et se plaindre est folie.
Voilà de quel nectar la coupe était remplie !

Hélas ! naître pour vivre en désirant la mort !
Grandir en regrettant l’enfance où le cœur dort,
Vieillir en regrettant la jeunesse ravie,
Mourir en regrettant la vieillesse et la vie !

Où donc est le bonheur, disais-je ? – Infortuné !
Le bonheur, ô mon Dieu, vous me l’avez donné !

Le 28 mai 1830.
Victor Hugo (1802-1885)

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Le harem et les cousins Germaine Tillion editions Points

Beaux-frères, cousins et citoyens

Condensé des observations de Germaine Tillion, Le harem et les cousins propose une théorie historique décapante sur les structures matrimoniales au cours des âges. L’auteur distingue trois catégories principales :

La «république des beaux-frères»

Reprenant les théories de ses confrères Claude Lévi-Strauss et Margaret Mead, Germaine Tillion rappelle que les sociétés de chasseurs-cueilleurs et les sociétés primitives en général sont fondées sur « l’échange des femmes ».

Ces sociétés prohibent sévèrement l’inceste et encouragent les mariages entre personnes de clans voisins. Ces mariages permettent aux hommes d’étendre leurs liens de solidarité aux frères et aux cousins de leur femme. D’où l’expression : «république des beaux-frères» que Germaine Tillion donne à ces sociétés exogames.

La «république des citoyens»

Exogames sont aussi les sociétés urbaines contemporaines. Elles le sont devenues pour des raisons liées aux facilités de contact, à la libre circulation et à la primauté de l’individu sur le clan… et par l’adoption d’un système juridique d’inspiration anglo-saxonne ou nordique (cette idée nous renvoie aux récentes thèses d’Emmanuel Todd sur les structures familiales).

D’où l’expression : «république des citoyens» donnée à ces sociétés aujourd’hui en plein essor.

La «république des cousins»

Enfin, entre les deux, Germaine Tillion distingue une structure atypique. C’est la «république des cousins». Farouchement endogame, elle impose le mariage à l’intérieur du clan familial, de préférence entre cousins germains du côté paternel (l’homme épouse une nièce de son père). Cette structure est caractéristique du monde méditerranéen dans son ensemble ainsi que de ses excroissances (l’Amérique latine).

Le mariage entre cousins est si bien devenu la norme dans ces sociétés qu’il n’est pas rare chez des chrétiens du Liban ou des musulmans d’Afrique du nord, d’appeler son conjoint : «ma cousine» ou «mon cousin» même en l’absence de lien de parenté.

La «république des cousins», qui tend à enfermer les sociétés sur elles-mêmes, au détriment de l’ouverture, de l’innovation et du progrès, constitue une anomalie matrimoniale au regard des deux autres types sociaux. Heureusement, elle est altérée dans les cités, où elle est soumise à contestation.

Audacieuses hypothèses, remarquables intuitions

En quête d’hypothèses sur l’origine de l’exogamie, Germaine Tillion remonte au Paléolithique supérieur (-40.000 à -10.000). Cette époque témoigne d’avancées techniques dans l’outillage et l’armement en pierre taillée. La population tend à augmenter et, du coup, le gibier se raréfie. On imagine des disettes. Pourtant, pas de migrations ni de guerres, pas de bouleversement démographique. Comment les humains auraient-ils donc surmonté le défi de la faim pendant 300 siècles ? En développant l’exogamie et les alliances matrimoniales entre clans, suppose Germaine Tillion. De cette façon, ils assurent la paix, maîtrisent leur fécondité… et favorisent le brassage des gènes et des idées.

Arrive la «révolution néolithique» au Moyen-Orient et dans tout le bassin méditerranéen. Germaine Tillion y voit l’origine de l’endogamie et de la «république des cousins» (*).

«Avec le néolithique l’exigence vitale s’inverse, car désormais les ressources vont croître dans la proportion où croissent les hommes, et, pendant des milliers d’années, il n’y aura presque jamais trop de bras pour labourer les champs, pour fabriquer les charrues, pour protéger les réserves de grains ou défendre le bétail», écrit-elle. Il n’est plus question de maîtriser la fécondité par la monogamie et l’échange calculé des femmes, comme dans les sociétés du statu quo de l’époque paléolithique (ou de la nôtre).

Dans les premières sociétés touchées par l’urbanisation et l’agriculture, au Moyen-Orient et autour de la Méditerranée, le choc est brutal. Le natalisme devient de rigueur, d’où la polygamie et le mariage entre cousins, à la limite de l’inceste. Le reste du monde va se convertir plus en douceur à la nouvelle donne. C’est pourquoi, selon l’ethnologue, la «république des cousins» reste confinée au domaine que l’on a vu.

Sa première conclusion sonne comme un avertissement prémonitoire, en ce début du XXIe siècle, à l’heure des émeutes de la faim :
«En somme, depuis qu’il émergea de la condition animale, l’homme aurait connu déjà deux fois une terre trop grande pour lui, et deux fois une terre trop petite.
Trop grande, pendant tout le paléolithique inférieur (près de deux mille millénaires), trop petite à l’époque des grands chasseurs magdaléniens, aurignaciens, voire moustériens (vingt, trente, quarante milliers d’années), puis, de nouveau trop grande lorsque, avec le néolithique, naquit il y a neuf mille ans la civilisation. Maintenant, en cette seconde moitié du vingtième siècle, elle est pour la seconde fois trop petite, par suite des découvertes de Pasteur, Fleming et quelques autres. Et c’est là, très évidemment, le fait le plus important de notre temps»
.

Menaces sur le clan

La «république des cousins» s’étant épanouie dans le berceau du néolithique, la Méditerranée, Germaine Tillion observe en ethnologue comment elle s’est accommodée des grandes religions monothéistes de la région : judaïsme, christianisme et islam.

Notons-le, la Bible reflète la préférence pour le mariage entre cousins : Sara, épouse d’Abraham, est aussi la fille de son oncle paternel ; et c’est dans leur lignée paternelle que les descendants du patriarche choisissent leur épouse.

Pour le reste, l’ethnologue montre que les humains ont accepté les préceptes religieux quand ils les arrangeaient, et les ont ignorés ou violés dans le cas contraire ! Ainsi du voile et de la claustration des femmes, du culte de la virginité, de la polygamie, de l’interdiction d’hériter faite aux femmes, de la circoncision [rituel d'appartenance communautaire]… Autant de caractéristiques de la «république des cousins» !

«Nous constatons que, lorsque la religion a repris à son compte une coutume antérieure à elle, la pratique, invariablement, renforce la loi. Par contre, lorsque la religion s’est opposée à la coutume, le dosage des infractions religieuses nous donnera les plus précieuses indications sur l’enracinement de l’usage en cause», écrit-elle.
«Le Coran, par exemple, proclame que la prière est le premier devoir du Croyant, et place ce devoir avant celui de faire le Ramadan ; il mentionne épisodiquement le voile, mais ne le conseille que pour les femmes de la famille du Prophète ; il ne fait aucune allusion à la circoncision.
Tous les musulmans pensent, naturellement, que le Coran est un livre parfait ; cependant nous les voyons se conformer, sans aucune exception, à l’usage de la circoncision – usage qui était déjà antique dans le milieu où elle est pratiquée aujourd’hui – ; nous les voyons renoncer (péniblement) à celui du voile
[l'ouvrage (1966) est antérieur à la vague islamiste] - également plus ancien que l’islam – et attacher en grand nombre beaucoup d’importance au carême. Par contre, ils se considèrent comme de bons musulmans sans presque jamais aller à la mosquée et bien souvent sans même savoir faire leur prière».

À propos du voile et de la claustration des femmes en milieu urbain, Germaine Tillion remarque que ces pratiques étaient répandues autour de la Méditerranée, dans la chrétienté comme dans l’islam, à une date encore récente.

L’islam a perturbé beaucoup de sociétés en introduisant par ailleurs l’obligation de partager l’héritage entre tous les enfants, les filles recevant la moitié de la part des garçons, ce qui était déjà mieux que rien, comme dans certaines sociétés méditerranéennes pré-islamiques.

Dans les sociétés nomades où les héritages consistent en troupeaux et biens mobiliers, cette prescription coranique n’a pas eu de conséquences graves. Par contre, dans les sociétés paysannes, elle a menacé l’intégrité des domaines familiaux avec le risque qu’en cas d’exogamie, une fille emporte sa part de terrain dans la famille de son époux. Certaines de ces sociétés ont réagi en ignorant ou en contournant la prescription coranique, c’est-à-dire l’héritage des filles. D’autres ont choisi de renforcer la claustration des filles et l’obligation du voile pour limiter le risque d’un mariage hors de la lignée paternelle.

La généralisation du voile dans les villes, aujourd’hui, témoigne de cette «république des cousins» qui refuse de rendre les armes.

Ainsi, 38 ans après sa parution, Le harem et les cousins conserve toute sa force et sa pertinence, pour la compréhension d’un monde méditerranéen plus que jamais secoué par des crises identitaires.

André Larané. 
Extrait de http://www.herodote.net/
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EXPRESSIONS EN ESCALADE ET SPORTS DE MONTAGNE

HUMORISTIQUES

- SSSSEEEEEEEECCCCCCCCCCCCCC!!!!!!  (terme employé entre autre qd on sent qu’on dévisse pour prévenir son assureur de la chute)

- pourquoi tu dis ça, il a pas plu depuis au moins 3 jours…

- « T’as une prise à gauche »
- (Silence)
- La gauche c’est là où t’as le pouce à droite ».

Opinion des anglosaxons sur l’escalade en France:

« In France, a publicly accessible climbing area without bolted lines is viewed like a publicly accessible swimming pool with sharks in it. »  — David Kastrup.

Traduction :

En France un site d’escalade accessible au public et sans lignes spitées est considéré comme une piscine accessible au public avec des requins à l’intérieur…

Michel Croz à une dame en difficulté dans une fissure Chamoniesque retorse
« Ne vous inquiétez pas, madame, d’ici j’assurerais une vache … »

C’est quoi la différence entre un bloqueur et un falaisiste ?

le bloqueur quand il tombe ça fait : paf ! haaaaaaaaaaaaaa
alors que le falaisiste quand il tombe ça fait : haaaaaaaaaaa Paf !

Pourquoi les alpinistes s’encordent ils ? Pour empêcher les plus sensés de s’enfuir !

 

GRIVOISES

Prends la ; elle est plate mais elle est bonne (en parlant d’une prise bien entendu…)

Un gars stressé qui grimpe et dit à sa copine qui l’assure :

- Écoute, je suis un peu limite là, alors prends moi sec. Et si je gicle, t’avale… (tous ces termes sont utilisés fréquemment en escalade, mais pas tous réunit comme ici…)

Un homme explique à sa femme qui grimpe une voie qu’il a grimpé avant:
« Tu vois la grosse bite au dessus? Bah quand tu l’as en main, c’est que du plaisir !!! »

En parlant d’une prise en résine :

celle-ci y a pas beaucoup besoin de la caresser pour qu’elle mouille !

Une prise c’est comme une femme : Tu la chopes tu la sers tu la tire et après tu la lâche.

L’assureur à sa copine grimpeuse : « Mais ouvre-toi ! »

La grimpeuse à son assureur: « Prends moi sec »

Une fameuse « Dalle à pédés » est devenue aussi le « Passage à gays »…

Une contrepèterie grimpante : « escalope sur une belle salade »…

Le guide canyon à sa cliente: « il faut la mouiller avant de l’enfiler » (en parlant de la combinaison bien sur)

 

MORTELLES

Grigri à l’envers … Noël au cimetière !!

Tu tombes, c’est la chute. Tu chutes c’est la tombe.

Si jamais je me tue dans du IV , j’aurais honte de sortir de chez moi (Livanos dans son livre « Au delà de la Verticale »)

 Vaut mieux un piton qui chante qu’une veuve qui pleure

Tire pas sur la corde, elle est pas solide !

 Faut pas y craindre, au pire tu tombes !

En bas vivant, en bas content ! »

A priori je pense que t’as aucune chance, mais si je peux te donner un conseil, va-y à fond, on sait jamais, sur un malentendu, ça peut passer !

 

SPIRITUELLES

Comment t’es passé là ?
Je sais pas ! J’avais un pied dans le vide et l’autre sur rien

La via ferrata est à l’escalade ce que le tricycle est au VTT.

On est mieux là qu’en prison

Celui de tête à son second en venant de poser un point de protection :
Attention c’est un psychologique celui-la !!!!! (autrement dit ça craint)

C’est royal , y a même un piton !! ….. Un python Royal !!

Qu’importe la falaise pourvu qu’on ait l’ivresse

J’ai les mains dans le vague et les pieds dans l’incertitude.

Quand je pense que pendant ce temps là y en a qui changent à Chatelet…

T’entends comme je transpire !

Tu suis la ligne de mono-doigts, … et après le bombé, tu espères un miracle

 

MES PRÉFÉRÉES

Nico Favresse dans « the power of Jam » …
« C’est quand tu doutes qu’il faut y aller »

  »Le meilleur grimpeur du monde, c’est celui qui prend le plus de plaisir. »
Attribuée à Alex Lowe

Extraits de http://www.camptocamp.org

 

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Je t’apporte, ce soir… Emile Verhaeren

 

Je t’apporte, ce soir…

Je t’apporte, ce soir, comme offrande, ma joie
D’avoir plongé mon corps dans l’or et dans la soie
Du vent joyeux et franc et du soleil superbe ;
Mes pieds sont clairs d’avoir marché parmi les herbes,
Mes mains douces d’avoir touché le coeur des fleurs,
Mes yeux brillants d’avoir soudain senti les pleurs
Naître, sourdre et monter, autour de mes prunelles,
Devant la terre en fête et sa force éternelle.

L’espace entre ses bras de bougeante clarté,
Ivre et fervent et sanglotant, m’a emporté,
Et j’ai passé je ne sais où, très loin, là-bas,
Avec des cris captifs que délivraient mes pas.
Je t’apporte la vie et la beauté des plaines ;
Respire-les sur moi à franche et bonne haleine,
Les origans ont caressé mes doigts, et l’air
Et sa lumière et ses parfums sont dans ma chair.

Emile Verhaeren (1855-1916)

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HAPPY PHARRELL WILLIAMS

Un super tube que j’adore entendre et qui balance sa mélodie du bonheur partout dans le monde, ça donne des clips très sympa qui reprennent la chanson avec des anonymes dans les rues, à vous de choisir votre clip préféré sur Youtube, ce ne sont pas les endroits qui manquent…

Ma préférence va pour le clip de la Jamaïque !!!

Des états Unis pour l’original en passant par Hong kong, Sydney, Marrakech, Londres, Moscou, Paris, Madrid, Berlin, Dubaï, Pologne et tant d’autres villes du monde, et quelques unes de nos villes françaises aussi, Lyon, Anger, Nantes etc…

L’original

Jamaïque

Singapour

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GRANDEUR citation

On évalue la grandeur d’un homme à sa capacité à vivre avec l’incertitude

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